Origine du Service d'eau à Reims

Créé en 1747 par le Chanoine Jean GODINOT, le service d'eau de Reims est l'un des plus anciens de France. Il est mis en place afin d’alimenter 17 fontaines publiques disséminées dans la ville.

A l'origine, trois hommes ont eu un rôle essentiel pour faire progresser l'hygiène et la santé au bénéfice des habitants de Reims :

  • Le Chanoine Jean Godinot
  • Jean-Louis Lévesque de Pouilly
  • Le Père Féry

Pour plus d'informations sur l'histoire de l'eau à Reims, la suite est extraite du rapport sur Reims établi en 1907 pour le congrès de l’association française pour l’avancement des sciences.

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Trois hommes vont être à l’origine du "service des eaux" à Reims :

Le Chanoine Jean Godinot

Jean Godinot, est né le 21 juillet 1661 à Reims, docteur en théologie, fut chanoine du Chapître métropolitain de Reims (1692), et syndic de la faculté de théologie (1706). S’étant enrichi en cultivant ses vignes de Verzenay et de Bouzy et en vendant des vins très recherchés, il consacra sa fortune à des œuvres de bienfaisance et dépensa plus de 500 000 livres à construire des fontaines publiques, à fonder des hôpitaux, à établir des écoles chrétiennes et gratuites, et à orner le cœur de la cathédrale de Reims.

Ainsi devenu un bienfaiteur de la ville de Reims, il meurt le 15 avril 1749, à l’âge de 88 ans.

Lévesque de Pouilly (Jean Louis)

Jean-Louis Lévesque de Pouilly, est né à Reims, en août 1691 il y est décédé , le 4 mars 1750. Il a étudié a Reims, puis se rend à Paris, s’intéresse aux mathématiques. Il devient premier magistrat de la ville de Reims.

En 1748, sous l’impulsion de Jean-Louis Lévesque de Pouilly, la Ville de Reims crée une école pour " éclairer l’industrie ". Lévesque de Pouilly rencontre régulièrement Jean Godinot, lui fait part du problème de l’eau et de sa qualité.

Jean Godinot mettra 230 000 livres dans le projet, demandera au père Féry de construire une machine, mais le projet comporte aussi les acqueducs, les canalisations, les fontaines, en 1747, l’eau jaillit des fontaines, la première fontaine inaugurée fut Saint Thimotée.

Le Père Féry

Habile mécanicien et mathématicien, moine au couvent des Minimes. Il écrivait en 1747 : "C’est peu que nos collines fournissent un vin délicieux. Un bien beaucoup plus nécessaire nous manque : l’Eau dont nous faisons usage, au lieu d’être un breuvage bienfaisant, est une liqueur empoisonnée."

Il faut dire que l’eau des puits était loin d’offrir une qualité irréprochable.

On lui imputait quelques maladies dont les goitres et les cancers...

Chronologie

1747 : Le Chanoine Jean GODINOT créa un service d’eau potable afin d’alimenter 17 fontaines publiques disséminées en ville. L’installation en place fournit alors 751m3 en 24 heures. Système de pompage «Machine de Fery» - roue à aube.

1842 : Nouvelle distribution d’eau grâce à de nombreux travaux : mise en place 3 pompes actionnées par deux moteurs à vapeur à «l’Usine des fontaines», développement d’un réseau de distribution qui atteint alors plus de 13 km, alimentant 56 bornes fontaines. Le volume d’eau disponible passe à 4 000 m3  en 14 heures de marche des moteurs, soit 104 litres par jour et par habitant (la population de la ville n’était alors que de 38 359 habitants).

1874 : Découverte d’une nappe d’eau par un terrassier (M. HUET). Jusqu’ici, l’eau distribuée en ville provenait du canal dit « La Rivière-Neuve », dérivation de la Vesle, puis du Canal de la Marne à l’Aisne. Les travaux d’extension du service de distribution et d’exploitation de la nappe souterraine sont exécutés de 1874 à 1885.

1875 : Construction du puit central de Fléchambault, et mise en place d’un siphon en fonte de 800mm de diamètre traversant le lit de la Vesle et passant sous le plafond du canal, pour amener l’eau jusqu’au puisard de l’Usine. Les besoins augmentent et passent à 1528 branchements, 121 bornes fontaines pour 70 434 habitants.

1882 : Construction du réservoir du Moulin de la Housse : c’est un ouvrage enterré composé de 2 cuves de 10 000 m³ chacune. Il reçoit principalement les eaux de l’Usine (Couraux) et de Fléchambault.

1907 : Le réseau de distribution d’eau potable a atteint une longueur totale de 107 km. Il y a 7 383 branchements qui alimentent des abonnés, les fontaines monumentales, les bornes fontaines, les bouches d’eau et les urinoirs, affectés au service public. La population desservie s’élève à 110 000 habitants. Le volume moyen d’eau produit par jour est de 10 157 m3

1919 : 191 bornes fontaines (sur 250 qui existaient en 1914) sont supprimées pour développer les branchements particuliers. Le nombre de branchements passe rapidement de 7 583 à 12 604. A cette époque de reconstruction d’après guerre, les environs des puits jusqu’ici des terres cultivées, voient l’arrivée de baraquements et constructions propices aux risques de contamination. Un système de traitement novateur est mis en place : appareil d’autojavellisation Buneau-Varilla.

1957 : Après une 2ème période de reconstruction et de développement, l’Usine se modernise encore avec la mise en place d’armoires électriques et du pupitre de commandes.

1966 : Construction du château d’eau de la Faculté : un château d’eau de 3 000 m³ placé à proximité du réservoir du Moulin de la Housse, mais 30 mètres plus haut.

1967 : Construction et mise en service des captages de Couraux (capacité 30 000 m³/j)

1970 : Construction du château d’eau de Croix Rouge : d’un volume de 5 000 m³, sur une tour de 20 mètres, avec surpresseur permettant d’alimenter les quartiers hauts de la Ville et les immeubles.

1973 : Construction et mise en service des captages d’Auménancourt (capacité de 20 000 m³/j) et construction du réservoir des Epinettes : un ouvrage semi-enterré d’un volume de 2 x 6 250 m³, alimenté par Auménancourt.

2010 : Construction de l’Unité de Traitement des Eaux de Couraux (UTEC), mise en eau en 2012 : 4 filtres à charbon actif en grain pour éliminer les pesticides de l’eau avant mise en distribution, avec une capacité de traitement à 30 000 m³/j

2016 : Construction et mise en service des captages d’Avaux (capacité de 25 000 m³/j)

Aujourd’hui :

- capacité de production est de 100 000 m³/j

- capacité de stockage dans les réservoirs est de plus de 40 000 m³

- réseau d’eau potable comprend plus de 700 km de canalisations et 60 000 compteurs

Les principaux projets développés visent le partage de notre ressource en eau disponible en qualité et en quantité avec les communes proches, en interconnectant nos réseaux.

Notre patrimoine est l’héritage d’une histoire longue et riche qui a nécessité plusieurs siècles de développements, de reconstructions et d’évolutions.

Les fontaines à Reims

Avant que les fontaines n’existent à Reims, les habitants tiraient l’eau à partir des puits répartis sur le territoire de la cité. Les fontaines publiques qui ont été mises en place, permettaient d'assurer l'accès à une eau plus saine pour les habitants dans les quartiers...

Aujourd'hui, les fontaines embellissent la Ville. Leur eau bien souvent recyclée ne doit pas être consommée.

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L’inauguration de la premières fontaine rémoise a lieu le 5 août 1747, place Saint Timothée.

Aujourd’hui, seules quelques unes de ces fontaines sont encore en activité. Elles ont néanmoins été accompagnées ces dernières décennies de nouvelles fontaines, l'une des dernières en date étant la fontaine Buirette avec ses trois grands bassins.

Très rapidement, le parc de fontaines rémoises augmente pour atteindre plus de 20 fontaines. Retrouvez les fontaines sur le site de la ville de Reims et la carte des fontaines de la Ville ici.

Ces fontaines sont gérées par les services techniques de Reims depuis 1974. Cette tâche a été confiée à des agents de l’assainissement en raison de leur maîtrise des systèmes de pompages. En effet les pompes des fontaines sont apparentées à celles des stations de relèvement des eaux usées. Initialement chargés de l’entretien des pompes, les agents du service réalisent le nettoyage des fontaines, leur entretien courant, les réparations et rénovations éventuelles.

Rappel : "l’eau des fontaines de la ville de Reims n’est pas à consommer ! "

Fontaines et légionellose : Des analyses sont réalisées régulièrement sur chaque fontaine (1 fois par an), notamment pour effectuer une recherche de bactéries légionelle. Un traitement préventif bactéricide est réalisé régulièrement sur les fontaines ornementales afin de prévenir d’éventuelles contaminations.

Assainir les eaux usées

Le système d’assainissement sur l’agglomération est dit séparatif, c’est-à-dire que les eaux sont canalisées selon leur nature dans 2 réseaux distincts :

  • Le réseau d'eaux usées : après usage dans la maison, l'eau est polluée. Elle est évacuée dans ce réseau jusqu'à la station d'épuration où elle pourra être traitée avant son rejet dans la Vesle.
  • Le réseau d’eaux pluviales : l’eau de pluie ruisselle sur le bitume et toutes les surfaces imperméabilisées de la ville, jusqu’aux avaloirs. Ces trous dans le caniveau permettent d’évacuer les eaux dans les « collecteurs d’eaux pluviales ». L’eau de pluie suit la pente du collecteur jusqu’au point le plus bas de la ville : la Vesle.

Soucieuse de préserver son environnement et la qualité de l'eau de la Vesle, la Communauté urbaine du Grand Reims possède une station d’épuration (dite STEP) particulièrement performante.

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Le traitement des eaux usées à Reims

Le système d’assainissement permet d’assurer :

  • Une protection sanitaire
  • Une évacuation rapide des eaux usées, sans stagnation, sans risque pour le personnel chargé de l’exploitation des ouvrages. Dès le XIXème siècle : sous influence des hygiénistes, les systèmes d’assainissement se mettent en place pour lutter contre les épidémies, contre les odeurs, contre l’augmentation des volumes et des dilutions.
  • La protection de l’environnement : traiter l’eau avant de la rejeter pour éviter que les produits évacués puissent souiller le milieu naturel dans des conditions dangereuses ou même simplement désagréables. Assurant ainsi, le maintien, voire l’amélioration de la qualité des milieux récepteurs.
  • La protection contre les inondations : évacuer les eaux de ruissellement vers le milieu naturel pour éviter la submersion des voies publiques et des sous-sols des milieux bâtis.

Chronologie des installations

1880 : les eaux usées de la ville sont canalisées (en partie) et dirigées vers des champs d’épandages : les Eaux Vannes, vastes terrains à l’extérieur de la ville, servant de filtres naturels, à ces eaux "urbaines".

1963 : construction de la première station d’épuration rémoise, implantée sur le site même des Eaux Vannes.

2002 : la station d’épuration est remplacée par une station répondant à des normes strictes, après 3 ans de travaux.

Les stations de relèvement

Elles permettent de relever les eaux par système de pompage afin de les acheminer à la station d’épuration.

Il existe 49 stations de relèvement, raccordées à la station d'épuration de Reims.

La station d'épuration des eaux usées

Les eaux usées (issues d’un usage domestique ou industriel), de toute l’agglomération, arrivent à la STEP pour traitement, avant d’être rejetées dans le milieu récepteur, la Vesle. Les eaux pluviales arrivent directement dans la Vesle (visualiser ce phénomène).

Située à Saint Brice Courcelles, la station d’épuration a été mise en eau en juin 2002 et a une capacité de 470 000 équivalents habitants.

Visiter et comprendre la station d'épuration...

Bassins d’eaux pluviales : Fond Pâté et Neufchatel

Des études hydrauliques sur le quartier Orgeval ont montré la nécessité de construire ces bassins tampon pour limiter les risques d’inondation. En effet, ces grands ouvrages enterrés permettent de stocker les eaux en cas de forte pluie, évitant ainsi le débordement des réseaux. L’orage passé, les eaux ainsi stockées sont ensuite renvoyées dans les réseaux.

Une cathédrale sous nos pieds...
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En plus de l’intérêt hydraulique, chaque ouvrage assure un traitement primaire des eaux stockées. Une décantation mécanique dans le bassin permet de retenir les particules lourdes en fond de bassin. Les eaux claires sont rejetées dans le réseau d’eaux pluviales - qui les conduit jusqu'au milieu récepteur (la Vesle), et les eaux chargées de particules sont renvoyées vers le réseau d’eaux usées pour être traitée en station d’épuration.

2 vidéos ont été réalisées pour ces travaux, en 2012 et 2013 :

Ces ouvrages ont été réalisés en partenariat avec l’Agence de l’Eau Seine-Normandie